Un cocktail d'enzymes dévore le plastique
Un cocktail d'enzymes dévore le plastique

Des chercheurs ont créé une « super enzyme » en combinant deux enzymes d’une bactérie mangeuse de plastique. Cette dernière, optimisée pour dégrader le PET, pourrait servir à décomposer les matières mixtes difficiles à recycler comme les vêtements synthétiques.

À peine 24,2 % du plastique est recyclé en France, selon les chiffres de Plastics Europe. Et pour cause : le plastique est souvent mélangé à d’autres matériaux, ce qui rend sa séparation et sa réutilisation très difficile. Prenez par exemple les vêtements, souvent constitués d’un mélange de fibres polyester et de coton. Plus de 700.000 fibres de microplastique peuvent être relâchées lors d’une lessive de vêtements synthétiques, qui se retrouvent ensuite dans l’océan. Pour résoudre ce casse-tête, les scientifiques britanniques affirment avoir créé une « super enzyme » capable de dégrader le PET (polytéréphtalate d’éthylène), l’un des plastiques les plus communs, et six fois plus rapidement qu’avec les procédés existants.

En 2016, des chercheurs japonais avaient découvert dans une décharge de plastique une bactérie nommée I. sakaiensis produisant des enzymes capables de dépolymériser le PET en six semaines. Une autre équipe avait ensuite créé une version améliorée de l’enzyme PETase. C’est une nouvelle étape franchie aujourd’hui, avec l’association de cette enzyme mutante et d’une autre enzyme fabriquée à partir de la MHETase, qui dégrade le sous-produit de la première décomposition, le mono(2-hydroxyéthyl) téréphthalate (MHET), en acide téréphtalique (TPA) et éthylène glycol. Ces derniers peuvent ensuite être facilement dégradés par les micro-organismes dans la nature. L’association des deux enzymes découpe le PET deux fois plus vite que la PETase seule, et le fait de les connecter entre elles multiplie encore par trois la vitesse de réaction, détaille John McGeehan, professeur à l’université de Portsmouth et coauteur de l’étude publiée dans la revue PNAS. « Cela montre tout le potentiel des cocktails d’enzymes pour dépolymériser le plastique. »

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